Formulaire Esta : Les touristes invités à renseigner leurs comptes Facebook et Twitter

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Formulaire Esta pour voyager aux Etats-Unis

Annoncée en juin 2016, la nouvelle mesure concernant l’obtention de l’ESTA pour se rendre aux Etats-Unis a été adoptée ce 20 décembre 2016 par le gouvernement américain. Désormais, en remplissant le formulaire y afférent (des plus longs déjà d’ailleurs), vous êtes « invités » à communiquer vos noms d’utilisateurs utilisés sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes inscrits.

L’ESTA (ou Electronic System for Travel Authorization), c’est ce sésame remplaçant le visa habituel pour entrer sur le territoire américain et s’adressant aux ressortissants des 38 pays membres du Programme d’Exemption de Visa, dont la France. Cette autorisation concerne les séjours pour tourisme, affaires ou pour simple transit ne dépassant pas 90 jours. Pour son obtention, il faut remplir un formulaire en ligne (le formulaire esta), disponible auprès de certains sites spécialisés. Doivent alors être renseignés diverses informations allant de l’identité du demandeur à sa santé physique et mentale, en passant par les noms et prénoms de ses parents, ou encore ses contacts dans le Pays de l’Oncle Sam.

C’est facultatif mais…

A la liste déjà longue s’ajoute donc « l’option » de renseigner les réseaux sociaux auxquels vous appartenez et vos pseudos s’y rapportant. Il s’agit de choisir dans un menu déroulant (comprenant entre autres Facebook, Google+, Twitter, Linkedin, Instagram, etc.) lesdits réseaux, le remplissage étant facultatif. En effet, d’après les autorités compétentes américaines, ne pas « divulguer » ces informations n’est pas une raison de refus de l’obtention de l’ESTA. Toutefois, qui « s’amuserait » à sauter la requête et passer pour un cachotier ? D’ailleurs, le gouvernement américain a bien souligné qu’il s’agit « d’identifier des menaces potentielles », notamment les demandeurs en lien avec les groupes terroristes, dont l’Etat Islamique.

Les réactions fusent

Déjà à son annonce, cette nouvelle disposition a soulevé bien des inquiétudes, notamment de l’Internet Association (représentant les géants des réseaux sociaux et d »internet tels que Facebook, Linkedin, Google, etc.) et de l’ACLU (l’Union américaine pour la liberté civile), qui ont dénoncé une atteinte à la liberté d’expression et au droit à la confidentialité. Après son adoption, les mêmes géants et l’ACLU, tout comme de nombreuses autres organisations de défense des droits à la vie privée et à la liberté d’expression, ont exprimé leur indignation et regrettent profondément que leurs craintes aient été ignorées par le gouvernement américain. De leurs côtés, les communautés musulmanes appréhendent par ailleurs que l’idée inspire d’autres pays.